Webdesign

Focus sur l’éco-conception web

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 Internet a besoin d’une importante quantité d’électricité pour fonctionner. L’utilisation de serveurs, la navigation en ligne, l’envoi de mail génèrent du gaz à effet de serre. L’empreinte écologique du numérique augmente au fur à mesure que la technologie s’améliore. L’impact environnemental croît en fonction du nombre de personnes utilisant les réseaux et du progrès en efficacité énergétique. L’efficacité énergétique entraînant la hausse de la consommation (paradoxe de Jevons). L’éco-conception web ou l’éco-conception numérique consiste en un ensemble de pratiques visant à réduire l’empreinte carbone des sites internet ou de l’utilisation des outils numériques. L’enjeu est de sensibiliser les entreprises utilisant internet à optimiser la performance de leurs sites. De nombreuses agences web se mettent aujourd’hui dans une démarche de développement « ecolo ». Que cela signifie t il exactement ?

Qu’est-ce que l’éco-conception ?

L’éco-conception est une approche en plusieurs étapes intégrant l’aspect environnemental dans la conception d’un produit ou d’un service tout au long de son développement. La réflexion se porte sur l’impact écologique du produit ou du service à chaque étape du cycle de vie.

Cette approche vise à trouver un équilibre entre les contraintes environnementales, les autres aspects de la conception et le développement du produit.

Ce principe préventif et innovant s’applique : en amont de la conception jusqu’au traitement final, en passant par le transport, la consommation et l’amélioration du produit.

Qu’est-ce que l’éco-conception web ?

La définition donnée par le Pôle éco-conception résume au mieux l’idée directrice du concept appliqué au web : «  Intégration de la réduction des impacts environnementaux dès la phase de conception d’un service numérique avec une vision globale sur l’ensemble du cycle de vie. Le même service rendu génère moins d’impacts s’il est éco-conçu. En intégrant les dimensions sociale et économique, elle mène à la conception numérique responsable ».

Le Pôle éco-conception propose aussi le déroulement d’un cycle de vie d’un service numérique :

  1. conception : réflexion sur le design (UX/UI design), le contenu, l’hébergement, les outils pou coder
  2. réalisation : création du site, codage selon les bonnes pratiques, phase de test
  3. déploiement : lancer le site sur le serveur, idéalement un hébergement éco-responsable
  4. administration : administration réseau, maintenance et mis à jour sur serveur
  5. utilisation : les requêtes vont créer un impact environnemental à mesurer
  6. maintenance : maintenance du site, surveillance des bugs
  7. fin de vie : si le site n’est plus utilisé, procéder à sa suppression, sinon prévoir un recyclage.

 

L’éco-conception web regroupe les mesures visant à réduire l’empreinte carbone d’un site internet.  Les pratiques s’appliquent à chaque étape du cycle de vie. Elles permettent de créer un site web moins énergivore tout en étant aussi performant que pratiques traditionnelles de création de site.

Il s’agit plus simplement d’une démarche innovante d’optimisation et d’amélioration continue du service numérique.

Comment réaliser un site web vert et responsable ?

En pratique, l’éco-conception consiste en de petites actions à mettre en place graduellement au cours du cycle de vie du site. Il ne s’agit pas de se précipiter mais de mener des petits changements bénéfiques sur le long terme pour le site existant. Dans le cas d’un site à créer, les pratiques de l’éco-conception s’appliquent facilement dès la phase de réflexion. Il existe une centaine de bonnes pratiques mentionnées dans le livre « Éco-conception : les 115 bonnes pratiques ». Ces actions visent à aller à l’essentiel en gardant la performance. Elles sont regroupées en quelques principes.

Choisir un hébergement écoresponsable pour le site

Il faut privilégier un hébergeur web situé à proximité des utilisateurs. Si possible, opter pour des serveurs fonctionnant à l’énergie renouvelable.

Un hébergement vert est aussi l’adaptabilité du service et un niveau de disponibilité optimal.

La minification des fichiers CSS et Javascript du site entre aussi dans les pratiques de l’hébergement écologique. Les pages peuvent aussi être compressés. La compression gzip est supportée par les navigateurs pour toutes les requêtes.

Utiliser une technologie économe

Il s’agit de choisir la technique appropriée pour la réalisation du site web. La bonne pratique consiste à travailler avec le logiciel adapté. Ainsi, pour un site statique, un éditeur de codes est amplement suffisant.  Le but est d’utiliser le langage web qui correspond le plus aux besoins de l’entreprise et du public cible. Réduire le nombre de requêtes HTTP est aussi important. La saisie assistée, par exemple, réduit le nombre de requêtes associées par 10. L’utilisation de framework entre aussi dans les bonnes pratiques.

Comme la priorité est d’économiser, il est conseillé de travailler hors connexion. La priorité est donnée au méthode de travail le moins impactant mais le plus efficace.

Design simple et responsive

Le graphisme et l’ergonomie sont deux éléments qui peuvent alourdir un site. C’est pourquoi il est nécessaire de simplifier le design de l’interface utilisateur.

La réduction du nombre de vidéos et d’animations représente aussi un moyen d’alléger le site. Parfois, il vaut  mieux mettre uniquement le lien vidéo. Un site éco-conçu, c’est un site possédant une interface sobre et épurée.

Dans l’esprit de l’éco-conception, un site web peut être consulter à partir de différents supports. Un site responsive est aussi un site en conformité avec les tendances actuelles.

Trier les fonctionnalités du site

C’est une étape à ne pas négliger. Cette action permet de détecter les fonctionnalités qui ne seront pas utilisées par l’internaute. Elles représentent 45 % des fonctions demandées pour le site. Les plug-ins augmentent le temps de chargement des pages web. S’ils ne sont pas utiles autant les supprimer. Avec des fonctionnalités simplifiées, les différents processus seront plus fluides. L’administration du site, les opérations de maintenance seront moins énergivores et chronophages. Ce qui constitue une économie en ressource considérable sur le long terme.

Opter pour des contenus légers

si le contenu est très long, l’alternative revient à découper le texte en plusieurs parties. Ainsi, la page web sera allégée. Respecter les principes de rédaction web sert aussi à réduire la taille du fichier.

Les contenus média peuvent être optimisés sans nuire à la qualité de l’image ou de la vidéo. Il est tout à fait possible de créer des vidéos au format adapté pour le web. Une autre solution consiste à mettre la vidéo sur un plateforme dédié.

Un contenu réduit à l’essentiel améliore l’expérience utilisateur. L’internaute trouve rapidement les informations qu’ils cherchent.

Tester un site web éco-conçu

Une fois le site créé ou les changements effectués, certains outils permettent de tester l’impact de son utilisation. Il existe des outils gratuits pour effectuer un audit du site comme Ecometer,  Ecoindex, Website Carbon ou Mobile Efficiency Index. Ces outils déterminent l’empreinte technique (taille des fichiers, complexité de la sturcture des pages…) et la performance environnementale d’un site.

Ce test servira de référence pour les axes d’amélioration futures.

Quel intérêt à s’engager dans l’éco-conception web ?

En comparaison du milliard de sites web existants, le nombre d’entreprises procédant à l’éco-conception reste insignifiant. Mais Le concept commence à convaincre de nombreux acteurs d’internet. L’éco-conception web permet à la fois de donner une image positive à l’entreprise et de faire des économies de ressources.

Pour protéger l’environnement

Le numérique provoque plus d’émission carbone que l’on pourrait le croire. Ces chiffres donnent une idée plus concrète de cet impact d’internet sur l’environnement

  • 15 000 km : distance moyenne parcourue par une donnée
  • 7 grammes : quantité de CO2 émise par une requête sur un moteur de recherche
  • 10 % de la consommation électrique en France par les data
  • 46 milliards d’objets connectés dans le monde prévus en 2030.

D’un côté, la dématérialisation contribue à réduire l’impact des activités humaines sur la couche d’ozone et les forêts. De l’autre, le web a des retombées négatives  : serveurs énergivores, production de déchets, utilisation de ressources non renouvelables…

Pour rester compétitif

Un site éco-conçu est plus léger, il se charge plus rapidement. Et il peut être lu sur tous les supports : tablette, smartphone, ordinateur… Le site optimisé est plus performant et se trouvera plus haut dans les résultats de recherche.

La simplicité de l’interface rend le site accessible aux internautes situés dans une zone géographique où la connectivité est réduite. Ce qui permet d’atteindre un public plus large et d’accéder à un nouveau marché.

L’éco-conception permet aussi de réduire la consommation énergétique. L’économie se fait aussi sur la maintenance du site. Les codes sont simplifiés, il est plus facile de détecter et de modifier les erreurs.

Nombreux sont les  consommateurs appuyant les entreprises engagés dans une démarche écologique. Cet engagement améliore l’image de marque d’une entreprise.

L’éco-conception représente une alternative intéressante par rapport aux problématiques environnementaux résultant de l’utilisation d’internet. Cette démarche est avantageuse pour les entreprises ainsi que pour les consommateurs. Son application revient à travailler en faisant un compromis entre l’impact environnemental et les contraintes techniques de la mise en service d’un site web. Pour des changements plus efficients et qualitatifs, il est nécessaire d’avoir une vision globale et de penser « vert » à chaque étape du cycle de vie. L’éco-conception entre dans le cadre de l’économie circulaire, une tendance du mode de consommation de la génération Z et de la génération alpha.

 

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